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Le rebond des marchés pourrait s’avérer plus limité qu’espéré
information fournie par Les sélections de Roland LASKINE 12/06/2026 à 14:28

Un trader vu de dos (Crédits: Adobe Stock)

Un trader vu de dos (Crédits: Adobe Stock)

Le 12 juin 2026
Les détenteurs de capitaux sont de nouveau prêts à miser sur une ultime tentative de règlement de la crise iranienne. Depuis le 25 mai, jour de la dernière grande désillusion sur les négociations de paix au Moyen-Orient, les Bourses mondiales semblaient avoir jeté l'éponge. La veille du lundi de Pentecôte, Donald Trump déclarait que « les négociations se déroulaient de façon ordonnée et constructives ». On connaît la suite : les bombardements avaient repris de part et d'autre. Le secrétaire américain à la Défense avait même menacé, en début de semaine, de reprendre les négociations « avec des bombes » ! Ce jeudi, le calme est enfin revenu. Pour la première fois depuis la fin mars, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iraniennes a expliqué que, bien qu'aucune décision définitive n'ait été prise, de larges parties de l'accord étaient finalisées.

laskine

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Le scénario de la désescalade tient donc la corde. Le prix du baril de pétrole est retombé à son plus bas niveau depuis deux mois. Les experts de Goldman Sachs ont revu à la baisse leurs prévisions pour le Brent en s'appuyant sur un élargissement de l'offre de pétrole un peu partout dans le monde en réaction aux perturbations intervenues au Moyen-Orient, mais aussi sur les risques qui pèsent sur la demande. Leur scénario central repose sur le retour du baril à un prix moyen de 80 dollars à l'horizon 2027. Toutefois, une normalisation rapide de la situation dans le golfe Persique pourrait conduire à un recul plus prononcé avec un prix de 70 dollars fin 2026 et de 60 dollars l'année suivante.
Peut-on pour autant revenir à l'achat la fleur aux dents ? Nous ne le pensons pas. La première raison de conserver une certaine prudence repose sur le fait que si un accord est effectivement trouvé ce week-end, celui-ci ne fera que conforter les anticipations d'un marché n'ayant jamais vraiment cru à un conflit de longue durée. La guerre en Iran a certes été à l'origine d'une forte hausse de la volatilité, mais elle a finalement eu peu d'effets sur les indices boursiers revenus ces derniers temps, en Europe, à des niveaux proches de ceux atteints avant la crise. A Wall Street, de nouveaux sommets absolus ont même été franchis début juin. La marge de manœuvre à la hausse au-delà des niveaux actuels est donc plus limitée qu'il y paraît. Les observateurs ne vont pas manquer de considérer qu'un accord couché sur le papier ne suffira pas à régler un conflit vieux d'une quarantaine d'années entre les Etats-Unis et l'Iran. Un climat de franche hostilité qui menace toujours directement l'intégrité de l'État d'Israël.
Nous avons surtout atteint un point à partir duquel les tensions sur les prix du pétrole et du gaz, alimentées par une fermeture du détroit d'Ormuz depuis plus de trois mois, commencent à se faire sentir de plus en plus fortement. La BCE a ainsi été contrainte de relever ce jeudi ses taux directeurs de 25 points de base face à la poussée des prix à la consommation à plus de 3% dans la zone euro, un niveau très supérieur à son objectif de 2%. Ses services basés à Francfort n'ont donné aucune indication sur la suite du processus, mais ils ont annoncé avoir revu à la hausse leurs prévisions d'inflation pour cette année et la suivante. Aux Etats-Unis, la Fed se garde bien de jeter de l'huile sur le feu et laisse planer le doute sur ses intentions en la matière. Cette prudence bien compréhensible n'empêche pas les investisseurs de redouter une hausse des taux directeurs américains dès le mois d'octobre.
Aux Etats-Unis, les taux d'intérêt des Fed Funds à 10 ans se sont certes détendus en fin de semaine, mais ils se maintiennent au-dessus de 4,40%, des sommets jamais vues depuis fin 2007. En Europe, les rendements sur les emprunts d'État français à 10 ans sont, de leur côté, revenus aux abords de 3,6%, ce qui nous renvoie là aussi dans les zones hautes de ces vingt dernières années. De tels niveaux de rémunération proposés sur les placements dits « sans risque » ne peuvent qu'alimenter la pression sur le niveau de valorisation des actions déjà très tendu.

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Nous reconnaissons volontiers que notre stratégie, ayant consisté à alléger les positions sur l'ensemble de nos portefeuilles en fin de semaine dernière, aurait pu être mise en œuvre un peu plus tard. Du point de vue du « money management », cette décision reste malgré tout justifiée. Notre objectif était de préserver l'avance accumulée sur notre portefeuille Offensif (+30% de hausse en cinq mois début juin) et de sécuriser les gains, certes plus modestes mais tout de même très significatifs, sur nos autres portefeuilles PEA. Sur l'Offensif, nous avons pris, dans la matinée du 5 juin, la décision de réaliser une large partie de nos bénéfices sur nos valeurs technologiques, notamment Soitec et STMicroelectronics, ainsi que sur Aixtron, le spécialiste allemand des équipements destinés à la fabrication de composants électroniques. Trois valeurs qui affichaient des plus-values spectaculaires comprises entre 79 et 122% pour les deux premières. Et surtout 200% pour Aixtron. Bien nous en a pris. Comme le montrent les graphiques ci-joints, notre portefeuille Offensif affiche toujours une belle progression de 28% depuis le début de l'année, alors que le CAC 40 a perdu en quelques séances la quasi-totalité des gains accumulés sur la même période.

Les prises de profit ont été modérées dans le portefeuille Défensif, celles-ci se sont limitées à la vente de 60 actions Schneider Electric représentant la moitié de la position. Le caractère plus conservateur de la gestion mise en place sur ce portefeuille, ainsi qu'un niveau de liquidités déjà conséquent conservé à titre préventif, ne nécessitent pas à ce stade de procéder à des arbitrages plus importants. Avec un gain de plus de 6,2% depuis le 1er janvier, le Défensif répond à sa promesse de valorisation prudente du capital investi, sans s'exposer à une volatilité excessive. Notre sélection de fonds ISR/PEA gérés selon les mêmes principes de précaution, c'est-à-dire investis sur des sociétés à la fois vertueuses sur le plan de l'éthique et de l'environnement, parvient à peu près au même résultat. Avec une progression de 4,3% sur la même période, notre sélection d'ETF PEA Monde ne fait pas aussi bien. Elle peine à trouver le bon positionnement sur un marché très fluctuant et difficilement prévisible.

Bonne lecture et bon week-end à tous,

Roland Laskine

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